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Parti Socialiste / Primaires

LE 14 avril 2011 PAR Benoît Hamon - 2 COMMENTAIRES

Intervention de Benoît Hamon au Conseil national du PS 9 Avril 2011

Intervention de Benoît Hamon au Conseil national du PS 9 Avril 2011 Je vais moi-même être bref et me contenter de faire une observation sur la situation du pays, et lancer une invitation pour l’avenir. Henri l’a dit dans son intervention, et cela a été repris par Pierre Moscovici, on a quelques sondages qui sont venus éclairer l’opinion des Français à l’égard de nos propositions. Ces sondages sont tous bons. Ils disent en tout cas que nos solutions étaient attendues, qu’elles correspondent aux besoins des Français. Et prises séparément, chacune d’entre elles recueille des taux d’approbation et de soutien qui sont extrêmement frappants. On est dans des proportions très élevées, 70, 75, 80 %, parfois plus ; avec des ordres de priorités qui montrent que ces propositions sont toutes attendues.

Et pourtant, je vais en dire un mot. Quand on demande un jugement global sur le projet des socialistes, l’avis des Français est beaucoup plus mitigé sur l’offre globale qui est la nôtre. Qu’est-ce que cela dit ? Cela dit aujourd’hui que s’il existe un doute dans la vie politique française, c’est un doute sur le pouvoir des politiques à changer concrètement la vie des gens, et un doute sur le pouvoir des politiques à pouvoir mettre en œuvre les propositions qu’ils mettent en débat, et à donner une cohérence à celles-ci.

Je veux revenir quelques instants sur ce doute et ce scepticisme, parce que ce dernier est alimenté par une réalité. Le sentiment qu’ont les Français que ce sur quoi ils votent ne cesse de se rétrécir. Qu’au bout du compte, les choix qui leur sont offerts, la réalité de leur influence sur les votes ne cessent de se réduire. Comme si, au bout du compte, depuis quelques années, le seul choix qu’offre la démocratie aux Français, ce soit de dire dans quel ordre ils acceptent de perdre des droits.

C’est ainsi qu’aujourd’hui, et ce sera en cela la conclusion de mon diagnostic, beaucoup de Français doutent parfois de notre pouvoir à réellement pouvoir changer les choses et modifier leur vie. Ce point de diagnostic s’accompagne pour moi d’un autre constat. Je suis frappé de voir que souvent, le seul élément de passion dans le débat politique français, c’est la peur. La seule manière d’instiller la passion dans le débat politique, c’est par la peur.

Pour la droite la peur de l’Islam, la peur des étrangers, la peur de l’immigration, la peur de l’insécurité, ce qui la relie aujourd’hui à l’extrême-droite. Pour d’autres, la peur des catastrophes, la peur de la mondialisation, la peur de la sanction des marchés, parfois même la peur du progrès, tout ceci motivant différents discours politiques.

Je pense, et c’est l’objet de l’invitation que je veux vous lancer, que nous avons les arguments dans ce projet, les arguments pour modifier le climat qui est celui aujourd’hui du débat politique. Parce que s’il est bien des choses avec lesquelles ce projet socialiste renoue, c’est la perspective, la réalité, le besoin, l’exigence du progrès social.

Nous avons dans ce texte des arguments, des propositions, qui disent et démontrent que nous pouvons reprendre la marche du progrès et l’illustrer aussi bien sur les questions européennes, que sur les questions économiques ou sociales : c’est rompre avec ce climat de peur qui aujourd’hui ne pousse les Français à voter qu’en fonction de ce qu’ils craignent, et exclusivement de ce qu’ils craignent, et absolument pas en fonction de ce qu’ils veulent. Les semaines et mois qui viennent seront déterminants parce qu’ils planteront le décor de l’élection présidentielle. La droite réussira-t-elle à imposer que le scrutin de 2012 se fasse sous le joug de la peur ou parviendrons-nous à faire en sorte que l’élection présidentielle se joue sur la réponse aux besoins sociaux, aux inégalités, au chômage ?

Nous avons dans ce projet, sur la question de la mondialisation, sur la manière dont nous pouvons desserrer l’étau des contraintes, sur le fait que nous savons faire la différence entre une contrainte objective -la contrainte budgétaire- et une contrainte politique -le pacte de stabilité et de croissance, la possibilité de rompre avec ce climat de peur.

Gramsci disait, enfin je crois que c’est lui (François Hollande à qui je l’ai demandé n’a pas su me le confirmer) : « Il faut avoir le pessimisme de la raison et l’optimisme de la volonté. ». On a souvent entendu les Socialistes parler de leur pessimisme de la raison, ou faire parler leur raison. Je crois que dans les mois qui viennent et l’année qui vient, si nous voulons que cette victoire soit une victoire authentique et une victoire d’adhésion, il faut qu’on entende les Socialistes parler avec l’optimisme de la volonté.

2 commentaires :

  • forum
    ROYET jacky dit :
    15 avril 2011 à 09:47

    Je suis, depuis peu adjoint, dans une toute petite commune de Saône et Loire. J’ai l’intention d’établir un récapitulatif des thèmes importants et de le concrétiser à travers un certain nombre de questions à poser aux différents candidats des prochaines échéances. Du genre " avez vous identifié les déclencheurs de la crise actuelle, quels sont les remèdes concrets que vous pensez apporter pour éviter de replonger dans le même marasme" ou encore" pensez vous que nous sommes encore en crise et que les solutions apportées étaient les bonnes"ou encore " les pressions de la spéculation internationale sur le quotidien des Européens sont elles une vue de l’esprit, dans le cas contraire quel bouclier proposez vous, ou encore " les créateurs de l’Euro n’avaient pas imaginé cet amalgame informe qu’est devenu l’Europe d’aujourd’hui, un radeau de la méduse, vous sentez vous capable d’y mettre une voile, et pour aller où !" Enfin quand est ce que les socialistes vont ils s’extraire du syndrome 2002 et cesser de s’engouffrer dans les pièges ouverts par la droite qui chasse sur les terres de l’extrême droite"
    Et pour terminer " savez vous ce qu’est un OHQ ?" c’était dans l’usine ou je suis entré à 14 ans, la personne à qui j’aurais aimé ressembler un jour, cette qualification n’existe que dans les mémoires. C’étaient des seigneurs aujourd’hui payés au SMIG dans le meilleur des cas.

  • forum
    farfart ginette dit :
    14 avril 2011 à 20:05

    l’ancienne instit que je suis, (retraitée depuis 15 ans !) vient de vivre , à la lecture de ton intervention , Benoit , un moment de bonheur. !
    il existe encore des jeunes qui pensent comme moi...
    et le disent SI BIEN..
    note 10/10 pour l’élève HAMON et presque pareil pour tous ses copains de la classe "un MONDE d’avance"
    Persévérer...

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