A la veille de chaque échéance électorale, la droite fait mine de découvrir le problème de la violence scolaire et de l’insécurité. Surfant sur l’émotion suscitée par des faits graves, le gouvernement avance tête baissée sans se soucier ni de la réalité du terrain, ni de l’efficacité des réponses. La violence scolaire, loin de faire l’objet d’une analyse sérieuse et d’une politique ambitieuse, est devenue un hochet agité au gré des événements et de ses besoins électoraux. Pire, sous couvert de répondre à des faits concrets, il développe une idéologie qui fait de la répression le seul levier d’action de la puissance publique.
Après l’irruption d’une vingtaine de jeunes armées de barres de fer dans un lycée de Gagny, après l’agression d’une enseignante d’un collège près de Toulouse au couteau par un élève de 13 ans, s’en est suivi un déferlement d’annonces plus spectaculaires les unes que les autres : installation de portiques de sécurité devant les établissements scolaires, vidéosurveillance, habilitation donnée aux personnels d’éducation pour fouiller les cartables, proposition de loi antibandes… Constatons le fossé entre ces annonces et leur réalisation : à l’épreuve de la réalité, disparus les portiques de sécurité et la fouille des élèves. Tout juste la création d’"équipes mobiles de sécurité" qui tenteront d’apaiser les tensions jusqu’au prochain incident et le développement des diagnostics de sécurité dans les collèges pour envisager des travaux de sécurisation laissés à la réalisation et au financement… des collectivités !
Le vrai bilan de la droite en matière d’éducation ne se lit qu’en négatif : suppression massive d’enseignants et de personnels de surveillance dans le second degré, ghettoïsation des établissements les plus sensibles avec la suppression de la carte scolaire.
Le mouvement de grève dans les collèges et lycées de la Seine-Saint-Denis témoigne de l’exaspération de plus en plus d’enseignants et de personnels éducatifs devant leurs difficultés à remplir leur mission dans les conditions actuelles et l’absence de toute politique efficace. Il est urgent de réfléchir aux véritables causes de la violence scolaire : notre modèle éducatif est à bout de souffle, il produit de l’exclusion et il reproduit les inégalités sociales. Majoritairement de répétition et concentrée dans 10 % des établissements, la violence ne pourra être combattue que par une politique qui s’attaque à ses racines : le décrochage scolaire et la relégation dont sont victimes les jeunes des classes populaires.
Une politique qui vise à lutter contre la violence dans les établissements scolaires doit s’attacher à offrir un environnement de qualité, où des adultes qualifiés (enseignants, CPE, surveillants, conseillers d’orientation psychologiques, éducateurs spécialisés, assistantes sociales, infirmières…), sont disponibles pour assurer un suivi attentif des élèves les plus en difficulté et pour prévenir les comportements violents. La prise en charge individuelle des jeunes en difficulté est donc une priorité. C’est l’ensemble de la communauté éducative qui doit se mobiliser autour des faits de violence et autour des jeunes concernés. De manière plus collective, des mesures de prévention, pas seulement en réaction à un fait mais en amont, doivent être mises en avant : sensibilisation dans les classes, qualité de la relation pédagogique entre les enseignants et les élèves…
L’inflation des annonces sans aucune portée sur le terrain doit cesser. A force de gesticulations, les professionnels concernés ne vont plus croire en la capacité des responsables politiques de changer le cours des choses. Or, restaurer un environnement de qualité dans les établissements est essentiel pour que le système éducatif et l’ascenseur social qui va avec ne se fissurent définitivement.
Bruno Julliard est secrétaire national à l’éducation au Parti socialiste.
Mathieu Hanotin est conseiller général de Seine-Saint-Denis, vice-président chargé de l’éducation.
notre école va mal ; moins d’enseignants moins de moyens ; notre gouvernement va à rebours de ce qu’il serait nécessaire d’entreprendre. Tout cela est vrai. Mais, au niveau local, dans les lycées, les collèges, les enseignants sont présents dans les conseils d’administration ; il me semble qu’ils se plaignent souvent de ne pas pouvoir faire triompher leurs points de vue. Peut-être faut-il réclamer plus de sièges pour le personnel enseignant dans ces conseils d’administration ? et aussi plus de moyens de peser sur les décisions de ces conseils ? Souvent le personnel enseignant est mécontent de son administration ; mais fait-il les efforts nécessaires pour participer à cette administration des lycées et collèges et la faire évoluer ?
Le problème de l’Éducation Nationale n’est pas seulement un problème de moyens, mais de l’instruction, du savoir que l’on transmet au sein des établissements.
Une partie des problèmes vient notamment d’une des grosses erreurs de la gauche : avoir mis "l’élève au centre du système". Il n’y avait pas de meilleurs moyens de les rendre fous et d’en faire des bons petits êtres égoïstes, réduit à un simple rôle de consommateur.
Que ceux qui se présentent sous l’étiquette de gauche arrêtent de se fourvoyer avec le pédagogisme de Meirieu et qu’on en revienne à nos hussards noirs de la République.
Resanctuarisons les établissements et donnons des moyens pour que les structures d’animation de nos villes et villages puissent fonctionner !
Bonsoir,
Le constat fait par ma femme enseignante dans un collège pourtant réputé est l’absence de dialogue entre l’administration et les équipes enseignante et de surveillance. Par démagogie, les élèves et parents d’élèves ont systématiquement raison par rapport à ce que disent les enseignants. Que faire dans ces conditions des élèves paresseux ou qui troublent l’ambiance d’une classe ?
Les solutions ne sont pas faciles à trouver
Amitiés socialistes