Si l’on mesure ce texte avorté au regard des espérances de ceux qui croient en l’humanité et souhaitent laisser à leurs enfants un monde viable.
Les commentateurs cherchent les responsables. Le premier visé est le Président des Etats Unis, Obama. On a tendance à oublier que, dans un pays démocratique, les responsables politiques sont les porte-paroles de leurs compatriotes. Sans doute un homme d’Etat doit tout faire pour convaincre et entraîner l’opinion publique de son pays. Mais en l’espèce Obama n’en a guère eu le temps et il mène actuellement un autre combat, pour la Sécurité Sociale, qui ne lui donne pas le loisir de multiplier ses adversaires en politique intérieure. La question n’est donc pas l’attitude d’Obama, mais ce que pensent les américains. Ceux-ci sont formatés par deux siècles de libéralisme, d’égoïsme, de consommation effrénée, et on ne va pas les changer du jour au lendemain. D’ailleurs aurions-nous le droit de leur donner des leçons ?
Les peuples sont plus faciles à convaincre lorsqu’on caresse leurs mauvais instincts : Jaurès n’a pas pu se faire entendre quand il se battait pour la paix et les hommes se sont rués à la guerre aux cris de « tous à Berlin ». On sait ce qu’il en est advenu. Dans le domaine de l’économie, le capitalisme ne conduit pas à plus de sagesse. Il encourage la consommation et le gaspillage, parce que sources de profits.
L’ONU est désignée comme un autre responsable. Au motif que les décisions y sont prises de manière consensuelle et que l’on ne peut donc y dégager une majorité qui s’imposerait à tous les pays. Là encore, ce n’est pas l’ONU qui est responsable ! On peut sans doute espérer un jour l’établissement d’un gouvernement mondial. Mais qui le dirigerait ? Qui aurait l’autorité démocratique pour imposer une décision contraignante ? Pour l’heure, cet objectif ambitieux ne me parait pas d’actualité. Les intérêts sont trop opposés entre grandes puissances, pays riches, pays émergents, pays sous développés.
La réalité, sans doute morose, est qu’il faut poursuivre le travail d’information des peuples. En quelques années leur sensibilisation a été très forte même si elle est encore insuffisante. L’Europe doit montrer l’exemple, en modifiant son mode de vie et de production, en aidant les pays pauvres à connaître un développement économe en CO2, et en montrant qu’un développement économe peut être source de croissance et de bien être.
Il faut en effet cesser de caricaturer les positions des uns et des autres. Etre partisan d’un développement durable ne signifie pas se condamner et condamner les autres à se serrer la ceinture. Il ne s’agit pas de prôner la décroissance absolue. Il s’agit de produire moins de ce superflu dont dispose une minorité. Il s’agit de produire d’abord le nécessaire pour tous dans une croissance plus équitable, moins gaspilleuse et singulièrement plus économe en CO2 et en matières premières non renouvelables.
Il faudra donc arbitrer entre les produits fabriqués chez nous, en France ou en Europe, et les mêmes biens sans doute moins chers parce que fabriqués à faible coût en Asie, mais infiniment plus coûteux en CO2 à cause du transport, qui tuent les emplois en Europe, qui appauvrissent donc les européens. Il faudra sanctionner les pays qui produisent en exploitant les hommes et en gaspillant les richesses naturelles. Par exemple grâce à une taxation vigoureuse proportionnelle au volume de pétrole ou de gaz utilisé dans leur fabrication comme dans leur transport.
Les peuples ont leur mot à dire. Sans attendre les décisions politiques. Il s’agit de consommer intelligent. La course au prix le plus bas n’est pas la solution, lorsque ce moindre coût met en péril l’économie de nos pays et surtout l’avenir du monde. Il est sans doute plus sage, chaque fois qu’on le peut, de consommer moins mais de donner la priorité à des produits sans doute plus coûteux mais plus économes en énergie, fabriqués près de chez soi. Encore faut-il pour que cet arbitrage puisse se faire, que les consommateurs soient parfaitement informés. Cette information, on peut l’exiger des politiques.